Traitement homoeopathique des maladies des organes de la respiration (1874)
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Traitement

 

Alumin. -   Ce médicament que j'ai dû mentionner dans le traitement du simple coryza aigu ou chronique à cause de ce caractère tranché de sécheresse qui le rend spécifique dans le coryza sec, s'est aussi montré utile dans les cas plus graves où le coryza chronique a grandi au point de se transformer en l'ozène le plus fétide, avec écoulement par le nez d'un liquide épais, jaune verdâtre, dont une partie se dessèche à l'intérieur et forme des croûtes épaisses qui sont ensuite très-  difficiles à détacher.

 

Ulcérations de la pituitaire.

Perte de l'odorat ; douleur à la base du nez et dans les sinus frontaux.

Constitution scrofuleuse.

 

Symptômes concomitants. -   Pityriasis au cuir chevelu ; furfures à la tête, avec prurit.

Otorrhée.

Gonflement, induration et suppuration des ganglions cervicaux.

Rougeur du nez.

Tumeurs noueuses à la face.

Taches blanches au visage ; la peau du visage est tendue, même autour des yeux, comme si un blanc d'œuf y était desséché, en allant au grand air.

Furoncles aux joues.

Sentiment de froid dans les yeux en allant au grand air.

Constipation par inertie du rectum.

Prurit à l'anus.

Appétit déréglé, tantôt nul, tantôt trop vif.

Nausées fréquentes.

Défaut de chaleur vitale, faiblesse de mémoire et inaptitude aux travaux d'esprit.

 

Ars. iod. -   Nez gonflé, arrondi ; obstruction du nez tout le jour avec sécheresse et tous les matins le sujet crache une grande quantité de mucosités épaisses et sanguinolentes qui se détachent des fosses nasales postérieures.

Cette opération matinale ne se fait pas sans ébranlements de la tête ni sans soulèvements de l'estomac.

Scrofule avec tous ses attributs.

Faiblesse générale, tendance au refroidissement.

Douleurs dans la tête qui partent du front, s'étendent à l'occiput et irradient le long de la colonne jusqu'aux premières vertèbres lombaires.

Bouffissure des paupières inférieures, injection chronique des conjonctives.

Épaississement des lèvres.

Déjections involontaires ; douleur continue à l'anus avec sensation comme si le sphincter ne pouvait pas se contracter complètement.

Incontinence d'urine.

Toute la peau du corps est ridée.

Émaciation.

 

Asa foet. -   Fétidité des sécrétions nasales qui sont verdâtres.

Gonflement, rougeur et chaleur du nez ; périostite des os du nez qui sont douloureux.

Carie des os du nez avec suppuration sanieuse, fétide, d'origine psorique ou syphilitique.

La peau habituellement froide et le pouls faible.

Lassitude permanente et faiblesse générale.

 

Aurum. fol.  -   Répond aux lésions les plus profondes dont le nez peut être le siège dans la muqueuse qui le tapisse à l'intérieur et dans les os qui le constituent ; ces lésions sont le plus ordinairement les conséquences les plus avancées de la syphilis.

Ozène.

Écoulement d'une matière jaune verdâtre ou molle ou épaisse ou desséchée, avec odeur fétide qui s'exhale du nez ; perte de l'odorat, obstruction continuelle des narines par des croûtes épaisses et très consistantes.

Carie des os du nez ; nez rentré ; douleur brûlante dans le nez.

Cloison des narines détruite ; carie des os palatins avec ulcération des parties molles.

Parole inintelligible ; voix nasillarde ; exacerbation des douleurs la nuit.

Insomnie.

 

Nos annales homœopathiques sont pleines de faits bien avérés de guérison dans des conditions aussi fâcheuses. J'ai des observations personnelles qui me permettent d'ajouter que Kali bichr. aide puissamment à compléter l'action curative à  l'or.

 

Quand les ravages du mal ne s'arrêtent pas au nez et que consécutivement on observe de l'induration à la base de la langue ou une périostite au maxillaire supérieur, Aurum muri. paraît être préférable comme doué d'une plus grande activité.

 

Baptis. tinct. -   La punaisie peut exister sans aucune lésion, mais elle n'existe jamais sans que le malheureux qui en est affecté ne porte au moins avec lui dans sa constitution le stigmate de la scrofule.

Or, fétidité et vie organique rendue atonique par la scrofule sont précisément les attributs distinctifs de Baptisia ; donc, dans la punaisie sans lésion et chez les scrofuleux, le Baptisia doit nécessairement tenir la première place.

 

Et ce n'est pas seulement dans la punaisie sans lésions que ce précieux médicament peut et doit être employé ; sa pathogénésie porte  :

 

Écoulement épais par le nez, douleur le long du nez ; ulcérations sur un grand nombre de muqueuses.

Écoulements d'odeur fétide et de nature sanieuse, excoriante.

Plusieurs formes d'ozène sont donc infailliblement de son domaine.

Son action élective sur la muqueuse de la bouche avec fétidité de l'haleine le désigne encore plus à notre attention quand l'ozène se complique de lésions du côté de la bouche et de la partie supérieure du pharynx.

 

Calc. carb. -   Coryza chronique avec beaucoup d'éternuements.

Sécheresse et obstruction du nez pendant la nuit.

C'est le matin au réveil que l'obstruction du nez est surtout désagréable.

Gonflement du nez et de la lèvre supérieure.

Le nez est gonflé à sa racine, à l'extérieur et à l'intérieur.

Douleurs aux bords des narines et surtout à la cloison.

Ulcérations dans ces mêmes parties.

La muqueuse du nez est couverte de croûtes et est très sensible au toucher.

Odorat émoussé ou mauvaise odeur dans le nez d'œufs pourris, de fumier, etc.

Écoulement épais par le nez avec la sensation continue comme si le nez était constamment bouché.

En se mouchant, bave épaisse mêlée de sang noir ; écoulement purulent qui excorie la lèvre supérieure ; pustules rouges, pruriantes, sur la lèvre supérieure et sur les joues ; lourdeur de tête, douleur pressive au front ; face pâle, enrouement léger et le matin voix rude qui s'améliore par le graillonnement.

Constitution lymphatique ou scrofuleuse.

 

-   Associé avec Silicea, Calcar répond encore mieux aux manifestations les plus avancées de la scrofule, quand elles ont eu pour conséquences les désordres les plus considérables des os du nez.

 

Ferr. iod. -   Gonflement scrofuleux du nez avec ulcères et croûtes dans le nez.

 

Hydrast. can. -   Sécrétions excessives du nez ; les mucosités sont épaisses, jaunâtres, filantes et très tenaces ; elles sont enlevées par morceaux longs et consistants.

Épaississement plutôt qu'ulcération de la pituitaire.

Sensation de cuisson et de vive écorchure dans les deux narines avec une envie constante de vider le nez.

Ronflement continuel et de temps en temps éternuements pendant la journée avec enrouement.

Larmoiement abondant.

État cachectique.

Faiblesse.

Perte d'appétit.

Consomption imminente.

 

Kali. bichr. -   Croûtes et ulcérations dans les narines.

Petites ulcérations sur le bord de la narine droite.

Perte de l'odorat ; odeur fétide par le nez.

Il sort du nez de grosses, masses de mucosités desséchées sous forme de tampons ; d'autres fois l'écoulement est séreux, excoriant la lèvre supérieure et le nez est très sensible ; éternuements.

Céphalalgie ; douleur au front qui semble venir de l'occiput.

Sécheresse pénible du nez, pression à la racine du nez.

Infection syphilitique.

Grattement dans la gorge.

Gorge malade, rouge, gonflée, douloureuse et enfin ulcérée.

 

Kali. hyd. -   Ozène syphilitique, ou intoxication mercurielle.

Ozène scrofuleux avant pour cortège inséparable l'engorgement des glandes sous-  maxillaires, des otorrhées et des conjonctivites chroniques.

Rougeur et gonflement du nez avec sécrétion continuelle, aqueuse, sans couleur, âcre et éternuements douloureux et violents.

Inflammation générale de la pituitaire ; enflure des paupières ; les conjonctives sont injectées ; larmoiement, voix nasonnée.

Douleurs de piqûres dans les oreilles ; face rouge avec, anxiété et agitation ; douleur frontale comme si le cerveau était comprimé des deux côtés.

Grande soif avec fièvre marquée par des alternatives de chaleur et de sécheresse à la peau et de sueur abondante.

La chaleur prédomine avec des intermittences de frissonnements.

 

-   Kali hydri offre dans sa pathogénésie des douleurs nocturnes dans les membres, douleurs ostéocopes ; ce qui prouve une fois de plus ses traits de ressemblance avec la syphilis et le mercure.

 

Lach. -   Utile dans les cas de la pire espèce où il se fait un écoulement abondant de matière séreuse et dans lesquels toutes les parties sont douloureuses et enflammées.

La pituitaire est parsemée de petites ulcérations ; son aspect général est d'un rouge brun.

Le malade n'est jamais plus souffrant qu'après avoir dormi.

 

Merc. corr. -   Le mercure soluble, que nous avons déjà trouvé si utile dans le Coryza aigu ou chronique, embrasse encore certainement, dans sa sphère d'action, l'ozène scrofuleux et syphilitique, mais s'il y a analogie entre toutes les préparations mercurielles, il y a aussi de l'une à l'autre des nuances à saisir, qui ne sont pas sans importance dans la pratique.

L'ozène syphilitique, la perforation de la cloison du nez, la rougeur et le gonflement du nez, plus de consistance et de ténacité dans les sécrétions, appellent de préférence le mercure sublimé.

 

-   L'iodure de mercure (Merc. iod.) convient mieux à la diathèse scrofuleuse qu'à l'infection syphilitique ; et, dans ces cas, les mucosités sécrétées se distinguent par leur abondance.

 

-   Le Coryza est autant postérieur qu'antérieur.

 

-   Le sulfure de mercure (Merc. sulph.) recouvre moins que tout autre les exanthèmes chroniques, et, de plus, il offre dans sa pathogénésie une nuance symptomatique qu'il est bon de noter, ne fût-  ce que par les ennuis qu'elle occasionne aux malades, c'est le gonflement et la sensibilité du bout du nez.

 

Nitr. acid. -   Puanteur du nez ; Coryza postérieur ; raclement pharyngien qui a pour but de détacher les mucosités adhérentes à la face postéro-  supérieure du pharynx, ulcères atoniques de la pituitaire ; du fond de ces ulcères s'élèvent des végétations, des carnosités qui saignent facilement, écoulement sero-  purulent par le nez.

 

Sycose, syphilis constitutionnelles, cachexie mercurielle qui se manifestent par les symptômes les plus divers et sous les formes les plus variées.

 

Symptômes concomitants. -   Glandes engorgées, ou suppuration.

Boutons sycosiques, condylomes, otorrhée.

Ophthalmies avec ou sans ulcérations.

Intertrigo, syphilis et points noirs au visage.

Boutons à la face.

Selles diarrhéiques, dysentériques, sueurs nocturnes.

 

Phosph. acid. -   C'est une vérité consignée depuis longtemps dans les annales de la médecine que l'efficacité de l'acide phosphorique dans le traitement des ulcères accompagnées de la carie des os, d'origine scrofuleuse et même syphilitique.

 

On sait aussi que sous l'influence de cet acide, étendu de huit parties d'eau, les ulcères ichoreux, fétides, perdent leur fétidité, prennent un meilleur aspect en même temps que l'exfoliation des parties cariées se fait avec la plus grande facilité ; à ces faits avérés, concluants, indéniables, l'École homoeopathique a ajouté cet autre fait important que l'acide phosphorique produit chez l'homme bien portant une exhalation fétide par le nez, un écoulement purulent par les narines.

 

Donc, l'emploi de l'acide phosphorique est motivé, dans l'ozène, par notre loi, et, de plus, il est sanctionné par l'expérience.

 

-   Le médicament sera d'autant mieux choisi que le sujet sera scrofuleux, émacié, affaibli par une croissance exagérée ou par onanisme, présentant de la tendance à la sueur et au dévoiement.

 

Ouvrons une parenthèse. On a vu l'acide phosphorique guérir avec une MERVEILLEUSE rapidité des scrofules fort graves .

 

Baumes   fait dépendre la scrofule de la prédominance de l'acide phosphorique dans l'économie.

 

D'autres ont attribué à la prédominance de l'acide phosphorique dans l'économie, la cause efficiente de plusieurs maladies qui affectent les os et leur ôtent leur solidité.

 

Voilà ce que l'on trouve dans les recoins les plus autorisés de la vieille école  : Contradiction flagrante entre la thérapeutique et l'étiologie !

 

-   Que ces faits, au contraire, soient illuminés par notre loi, et aussitôt on les voit resplendir d'une éblouissante clarté qui satisfait l'esprit, en nous faisant connaître les rapports de cause à effet et qui réchauffe le coeur en nous fournissant les moyens de reproduire des guérisons merveilleuses.

 

Peut-  on comprendre, après cela, que la science officielle refuse à l'homoeopathie, avec une si aveugle et si désolante ténacité, ses lettres de naturalisation, quand l'homœopathie seule a ses racines dans les entrailles de l'antiquité même la plus reculée ; quand l'homoeopathie seule profite religieusement et scrupuleusement des leçons de l'expérience ; quand l'homoeopathie seule, en nous éclairant sur la cause des guérisons dues au hasard et toujours homœopathiques, agrandit constamment et sûrement, chaque jour, le domaine de la thérapeutique !

 

Phytolac. dec. Syphilis.

Ulcérations de la pituitaire.

Écoulement puriforme, fétidité par le nez.

Excoriation très marquée et persistante de l'orifice des narines et de la lèvre supérieure.

Boutons de mauvaise apparence sur les ailes du nez.

À défaut de syphilis, les désordres occasionnés par le mercure peuvent servir de base à l'indication.

 

-   Phytolac. mérite décidément de prendre place parmi nos plus puissants antisyphilitiques ; mais, à ce propos, je crois utile de rappeler que si la syphilis est susceptible de revêtir diverses formes et de produire des lésions multiples et variées, elle ne se laisse aussi attaquer victorieusement, dans tous ses cas, que par le remède qui répond non-  seulement à son origine, mais à sa forme et à sa lésion actuelle.

 

Nous n'avons pas de spécifique contre la syphilis, pas plus que nous n'avons de spécifique contre la fièvre intermittente ; les médicaments sont uniquement des modificateurs d'organes ou de fonctions et nullement des antagonistes d'entités morbides (Gubler).

 

Nous avons des spécifiques antisyphilitiques contre des ensembles de symptômes syphilitiques, comme nous avons des spécifiques contre des ensembles de symptômes fébriles et périodiques. L'individualisation fait le reste. Il ne suffit pas de décorer un médicament du titre d'anti-  syphilitique pour être autorisé à compter sur lui dans tous les cas d'origine syphilitique. Un médicament peut être dit antisyphilitique, toutes les fois qu'il s'est montré utile dans une forme de syphilis ; mais, dans la pratique, retenir ceci, qu'un médicament, si antisyphilitique qu'il soit d'ailleurs, ne guérit jamais que la forme de syphilis dont les symptômes sont en rapport de ressemblance avec les symptômes qu'il est apte à produire chez l'homme sain.

 

Or, Phytolac. exerce spécialement son action sur les muqueuses du nez, de la bouche et du pharynx, et c'est quand la syphilis a porté ses désordres sur ces muqueuses qu'on peut, avec raison, le regarder comme spécifique ; les désordres pathologiques existent-  ils ailleurs, l'individualité morbide est changée ; elle ne cédera qu'à une autre individualité médicamenteuse.

 

J'ai vu un cas de périostite des os crâniens présumée, avec raison, syphilitique ou mercurielle, traité sans succès par le Phytolac. Le médecin qui avait fait la prescription avait eu une trop grande confiance dans le médicament dont la sphère d'action ne lui était pas suffisamment connue dans ses limites. La dose avait été si élevée et si prolongée que des effets pathogénétiques du Phytol. avaient fini par se manifester du côté de la gorge, mais la maladie première subsistait dans toute son intensité, sans jamais avoir éprouvé la moindre amélioration.

 

Symptômes concomitants. -   Salivation ; gonflement et ramollissement des gencives, inflammation de la muqueuse qui tapisse toute la bouche, induration des glandes cervicales et sous-  maxillaires.

Ophthalmies de diverses natures, surtout si elles peuvent être rattachées à l'action de la syphilis ou du mercure.

Douleurs ostéocopes nocturnes dans les os des jambes ; douleurs parcourant tout le corps, généralement plus fortes dans les temps humides.

Ulcérations à la face et aux lèvres.

 

Sanguin. can. -   Syphilis ; accidents tertiaires.

Sur la muqueuse du nez on observe des taches proéminentes, de grandeur et de formes variables, sécrétant un exsudat comme diphthérique, et quand elles sont essuyées présentent l'aspect d'une plaie.

 

Des taches de même apparence (plaques muqueuses) existent sur la muqueuse buccale, à la partie interne des lèvres, au prépuce et à l'anus.

L'écoulement du nez cesse quelques jours pour revenir après, ce qui fait une alternative de Coryza sec et de Coryza fluent.

Les yeux sont douloureux au toucher ; les muqueuses bronchiques et intestinales participent aux souffrances générales et manifestent ici de la toux ; là, de la diarrhée.

 

Sepia. -   Exhalaison fétide par le nez ; croûtes et ulcères dans les narines. Issue par les narines de mucosités verdâtres, desséchées, agglomérées en gros morceaux ou se détachant sous forme de membranes.

Avec ces sécrétions s'écoule un peu de sang, et en dehors des moments où ces produits sécrétés sont expulsés, il y a souvent aussi des hémorrhagies nasales abondantes.

Le nez est gonflé et enflammé spécialement au bout ; il se fait là une éruption douloureuse qui finit par faire une croûte.

 

Chez les femmes, en général, et particulièrement celles qui sont délicates et qui souffrent d'une manière quelconque de désordres fonctionnels utérins.

 

Symptômes concomitants. -   Céphalalgie pressive au front et à l'occiput.

Eczéma derrière les oreilles.

Dartres annulaires.

Démangeaisons vives dans différentes parties du corps qui se changent en sensation brûlante après s'être gratté.

Taches brunes, rougeâtres ou livides sur la peau.

Difformité des ongles.

Inflammation chronique des paupières qui sont collées tous les matins.

Teint de la face, jaune ; raie jaune sur les joues en forme de selle.

Couleur jaune et éruption dartreuse autour de la bouche.

 

Silic. -   Ulcérations larges ou multipliées de la pituitaire, très sensibles au contact ; écoulement âcre et corrosif.

Carie des os du nez.

Prurit et chatouillement perpétuel dans le nez avec besoin incessant de se moucher.

Les sécrétions sont abondantes, épaisses, crémeuses et purulentes.

Signes de scrofule antécédente ou concomitante.

Complète l'action de Calcar car.

 

Sulph. -   Dans le coryza chronique, toujours symptomatique, ne l'oublions pas, d'une infection miasmatique de l'économie, le soufre s'est montré efficace non seulement pour prévenir les récidives, mais pour modifier avantageusement l'affection locale, alors même que d'autres médicaments répondant très bien aux manifestations symptomatiques avaient été impuissants.

 

En réfléchissant sur cette action éminemment curative du soufre, nous en trouvons uniquement la raison dans la propriété dont est doué ce remède, d'antidoter le principe qui infecte l'économie.

 

Et si l'infection miasmatique existe quelque part, évidente, palpable, c'est dans l'ozène ; aussi, il n'est pas de cas d'ozène qui ne puisse et qui ne doive même réclamer l'intervention du soufre.

 

Dans l'enseignement officiel, il est de mode de passer sous silence, ou pis encore, de tourner en ridicule ce que Hahnemann a proclamé de vérité sur l'infection de l'économie par la gale et sur les maux inhérents à cette cachexie psorique dont l'expérience de tous les jours confirme l'existence et que déjà, avant Hahnemann, des observateurs justement estimés et faisant autorité dans la science, avaient prouvé par des faits nombreux et concluants (Autenrieth et mille autres).

 

Vidons cette question puisque l'occasion s'en présente, afin que nous sachions, une fois pour toutes, ce qu'il faut penser de l'infection de l'économie de l'homme par la gale. Cette infection doit-  elle être admise, oui ou non ? Faut-  il consentir à la reconnaître ou devons-  nous la rejeter définitivement ?

 

Examinons  :

 

La science s'est enrichie dans ces derniers temps de recherches excessivement habiles, patientes et courageuses sur la Psore ou gale de l'homme et des animaux, par MM. les docteurs O. Delafond et H. Bourguignon

 

Leur travail est le plus complet qui ait jamais été publié sur la matière en question, il fait donc autorité ; consultons-  le, et, quelle que soit sa décision, convenons de nous y soumettre puisqu'elle se présente à nous fortifiée par les preuves les plus décisives. En parlant ainsi, nous faisons acte d'humilité puisque les auteurs, dans bien des passages de leur livre, ne se montrent pas sympathiques aux médecins homœopathes. Ils ne les combattent pas, ce qui eût été leur droit, ils les ricanent orgueilleusement, et pourtant ils nous donnent raison, nous allons le prouver.

 

« La psore de l'homme est une maladie de la peau contagieuse, due à la présence du sarcopte, et qui a pour caractère  :

 

1° à sa période d'incubation  : la présence sur les mains ou le tronc d'un ou de plusieurs sarcoptes cachés dans des sillons sous-  épidermiques, des démangeaisons passagères et quelques papules isolées ;

 

2° à sa période d'état  : des papules sur les membres et sur le tronc, un nombre plus considérable de sarcoptes et de sillons, le plus souvent des vésicules dans l'intervalle des doigts, des démangeaisons générales, ressenties surtout pendant les premières heures du séjour au lit ; enfin des éruptions variées, telles que du prurigo, du lichen, de l'impétigo, etc. . »

 

Définition parfaitement exacte ; je ne la paraphrase pas, comme son auteur se plaint qu'elle l'ait été trop souvent, je la transcris tout entière par scrupuleuse fidélité ; elle énonce les principaux caractères de la maladie qui permettront toujours de la reconnaître à ses divers degrés. C'est bien de la gale qu'il s'agit, la question est bien posée, poursuivons :

 

« La psore de l'homme est due à une cause unique et cette cause consiste dans la présence du sarcopte. »

« Tout individu de l'espèce humaine, quels que soient son âge, son sexe, son tempérament, peut avoir la psore ; il suffit pour cela qu'un sarcopte lui soit transmis par sr r semblable ou par les animaux »

 

Très bien, voilà l'étiologie satisfaite, le mode de contagion parfaitement trouvé et déterminé ; je n'ai pas à m'inscrire contre ; c'est le fruit de l'observation, je ne puis, comme tout lé monde, que lui faire le meilleur accueil. Mais jusqu'ici, malgré le renfort des soulignés « La psore de l'homme est due à une cause unique, un sarcopte, » je ne vois rien qui atteigne le fond de la question et qui me provoque à retirer ma proposition qui est celle-  ci  : De la gale résulte une infection de l'économie. J'attendrai pour m'avouer vaincu que l'on m'ait prouvé que cette infection par la gale est une chimère, qu'elle ne peut pas exister, qu'elle n'existe pas et au lieu de cela je vais recevoir une complète satisfaction.

 

À quelle cause peuvent être réellement dus les symptômes de la psore  ? Ce sont les auteurs mêmes du Traité pratique, etc., qui se posent la question, et leur réponse, la voici, précédée d'un préambule qui a bien son mérite :

 

Le sarcopte, qui est la cause essentielle de la maladie, porte-  t-  il en lui un liquide virulent ou irritant qu'il inocule en ponctionnant les papilles ; on sait que beaucoup d'arachnides inoculent, à l'aide de leurs mandibules, un fluide venimeux qui tue les petits insectes dont elles font leur proie . »

 

.... « Quant à nous, le sarcopte nous paraît inoculer un principe morbide auquel il faut attribuer l'évolution des éruptions précitées. Comment pourrait-  il en être autrement, quand nous voyons chez un grand nombre de sujets, soumis intentionnellement ou involontairement à la contagion de la psore des animaux, tout le corps se couvrir en quarante-  huit heures d'une éruption abondante de papules prurigineuses, qu'on voudrait en vain attribuer aux démangeaisons et à l'irritation que développe le psoreux en se grattant ?

 

Que nous ne puissions découvrir par quel travail mystérieux – ce n'est pas seulement pour les homœopathes que le mystérieux abonde, consignons cet aveu -   cette élaboration morbide si remarquable s'opère, nous en convenons ; mais si nous ne pouvons nous en rendre compte, il ne nous est pas moins impossible de la méconnaître . » Parler d'or  !

 

Enfin  : « Concluons donc que le sarcopte peut impressionner morbidement et spécifiquement l'économie

 

1° par une action générale et latente due à une sorte d'inoculation virulente ;

2° par une action toute mécanique, ayant pour conséquence médiate un état d'hyperesthésie de la superficie du derme, duquel résulterait une perturbation morbide dans le système nerveux général. »

 

En voilà assez ; je suis plus riche en explications sur l'état d'hyperesthésie de la superficie du derme, etc. ; je connais peut-  être plus exactement le mode d'introduction du principe virulent, mais au lieu de subir une condamnation, je suis plus autorisé que jamais à proclamer ce fait capital pour le médecin  : par la gale, l'économie est morbidement et spécifiquement impressionnée.

 

La victoire est à nous. -   Cette impression morbide et spécifique amène la diathèse herpétique ou psorique qui se traduit au dehors, dans les cas les plus légers, par des éruptions variées, mais qui, plus intense, est susceptible de produire, avec ou sans éruption, des désorganisations profondes sur divers points de l'économie.

 

Qu'il faille tuer le sarcopte, nous ne nous y opposons pas ; nous reconnaissons même les avantages à le faire le plus vite possible, mais l'erreur contre laquelle nous protestons est celle-  ci  : Le sarcopte constitue à lui seul toute la maladie. -   Non, mille fois non, et de ce qu'on a tué les parasites, il ne s'ensuit pas que la psore soit guérie.

 

Dans l'intérêt des malades, c'est l'essentiel à retenir.

 

Les phénomènes de localisation qui, dans l'ozène, militent en faveur de Sulph. sont  :

 

Rougeur, chaleur et gonflement du nez ; chaleur brûlante dans les narines ; ulcérations de la pituitaire ; croûtes ; sécheresse du nez ou écoulement séreux, sanieux, assez abondant.

Éternuements fréquents et violents.

Épistaxis le plus ordinairement le matin, ou bien dans la journée quand on se mouche.

Perte de l'odorat, puanteur du nez.

 

Thuy. occ. -   Écoulement par les narines d'une très grande quantité de mucus épais, verdâtre, mêlé de pus et de sang.

Ce mucus se dessèche et forme des croûtes qui siègent à la partie supérieure des narines et y adhèrent fortement.

Ces croûtes occasionnent de vives douleurs et par leur présence et par les tentatives qu'elles nécessitent pour leur enlèvement.

La partie supérieure du pharynx et la face postéro-  supérieure du voile du palais sont enflammées et tapissées par des mucosités épaisses et abondantes. Gonflement et induration des ailes du nez ; exhalaison de mauvaise odeur par les fosses nasales.

L'écoulement du nez est plus abondant au grand air que dans l'appartement.

 

Symptômes concomitants. -   Constitution sycosique.

Végétations qui sécrètent un pus infect ; excroissances verruqueuses qui ont à leur extrémité des pointes cornées.

Gonflement aux extrémités des doigts et des orteils.


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